Le salon de Balder

L'écriture comme un chemin pour s'éloigner des évidences. Un peu de littérature, un peu de philosophie et beaucoup de mots, les miens et les mots de ceux que j'aime. A partager sans modération.

21 août 2008

bruissement (intersticiel à l'ultime étoile)

Lumière qui cours sur les toits,
ondulation, frisson des tuiles,
je sais exagérer la cadence,
définir les lignes surpeuplées
d'autres morceaux aléatoires,
qui dans un reflet rassemblent,
les préposés à la psyché.

De loin en marbre,
entre les sphères exigeantes
d'une prépotence aux insondables dualités,
couvrant le sol d'une enveloppe ossianique
enchanteresse et dévolue, soyeuse ramure
en œil d'obsidienne d'un miroir,
ou l'image s'incline au-dessus de soi.

Page sismique, péninsule déposée
sur les arrêtes d'une faille, matrice
des attentes, persienne envisagée
comme une issue fragile et lumineuse,
idée tenue à bout de bras, dans l'antre
fossile de ce poing figé dans sa membrane
d'hémine et de mots dans le même cristal.


Intentions affutées, brillantes sur le fil
d'un musoir, ruptures tangibles des terres
entre deux eaux, toi le visage effacé,
îlot d'une tranche de nuit rampante
aux pieds enracinés d'un sémaphore céleste,
glisseras-tu de ta devanture? Laisseras-tu grandir
le bois de tes branches entre celles de l'ultime étoile?

Balder

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14 juillet 2008

En travers

Juste avec ce qu'il faut de suprématie sur la troublante sensation de déséquilibre.
Un point ou s'accrocher.
Rester un indice encore un peu flou et entrevoir entre les tuyaux, l'inertie d'un dépouillement.
La cruauté fantaisiste d'un ingénieur des ponts et chaussées, purgeant sa tête des subterfuges expertisés propices à rendre fou le plus sage des ouvriers.
Et pourtant dans cette valse immobile horizontale, chacun joue sa partition sous son casque sans qu'aucun éclair de supplice ne transparaissent dans ce concerto pour orgues allongées.
L'inadapté géométrique que je suis en reste confit sur le pavé.

Balder

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03 juillet 2008

flottage

Transversal, l'initié.
Toujours comme ce chien,
d'un ordre générique,
dépouille son blason.
Parce qu'ici se perd,
le pitre,
l'héraldiste,
dans ce tas de fougères,
la patrie des buissons

Il se trouve séparé de la composition, fragment détaché d'un ensemble plus grand.
Cette règle conventionnelle, éprise de clarté est trop étroite, trop restrictive.
Le sens de l'harmonie n'est plus qu'une composition sans cesse en mouvement, d'éléments dissociés les uns des autres.
Trace d'une plume esseulée à plusieurs endroits, au même moment.
C'est ici que s'invite l'irréversible obédience à la probabilité, alors il convient de nous envisager comme des possibilités plutôt que comme des êtres.

   Poète phagocyte,
  d'une réalité tangible gouvernée par une raison à la ramasse dans les contre sens d'un monde qui se prend au sérieux dans son champs d'illusions.
                                                       Balder
11_08_07_2034

 

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30 juin 2008

Découper pour construire

Entre les lignes. Mots qui font briques, mur symbolique et devant le pied de la montagne la rivière des futilités répand son abondant catalogue d'images. Mais est-il absolument nécessaire que le monde soit l'image de quelque chose?
Pluie de cendres, approche silencieuse des volumes du volcan à la tombée d'une étoile, entre l'aube d'un jour et la fuite insensée d'une ligne symptomatique de l'aliénation des hommes par le temps.
La caravane étale son cortège de sacs à dos et de sommeil encore prisonnier dans les yeux des marcheurs et dans la vague systolique des corps en mouvements n'existent plus que les battements des cœurs dans les échos de la lave et du magma.
C'est terrestre la marche, cette cadence des racines qui tissent de nouvelles trames sur les flancs découpés d'humains. La noirceur tavelée prends l'air d'une mosaïque mouvante affichant sa convoitise pour les sommets et lentement nous avançons dans les fumées de la terre.
                                                                          BALDER

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27 juin 2008

entre les mondes

08_09_07_1212"T'en as pas marre toi de ce chantier, moi je vais me reposer un peu alors ne fais pas trop de bruit en secouant tes os sur ma mangeoire.
Tiens je te laisse ici le marteau pour refaire le ciel, ils l'ont raté ce matin. En piquant un peu du burin sur la mélancolie des arbres tu retrouveras un peu la splendeur du décor ancestral et surtout n'oublie pas la brosse pour faire reluire les étoiles, c'est les balises de mes rêves si je ne les vois pas pendant mon sommeil je risque de ne pas retrouver le chemin du chantier"

La dame en passant dans la rue secoua sa tête d'un air perplexe en entendant cette conversation surréaliste. Mais jamais elle ne sut que je n'avais rien dit.

                         

                Balder

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26 juin 2008

JACQUES REDA

C'est un lieu doux comme une petite bonne soeur rieuse, couleur de pomme de terre, qui mélange les grains de la groseille avec ceux de son chapelet, les roucoulades des ramiers et tintement de la cloche. L'heure y est toujours à peu près celle de l'angélus. On ne peut pas y entrer plus que dans une image ou que dans la mémoire d'autrui. Mais ce souvenir semble avoir survécu à sa mémoire, sans personne pour venir comme en face le réclamer.

                                 

le XV° magique  Extrait de Châteaux des courants d'air

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