26 septembre 2009
Caminante
"Caminante, son tus huellas
el camino, y nada mas;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino
y al volver la vista atras
se ve la senta que nunca
se ha de volver a pisar
Caminante, no hay camino
sino estelas en la mar.
Antonio Machado
Séville 1875/Collioure 1939
29 juillet 2008
Fin de nuit au mois de mai, première tentative d'approche écrite de "l'ultime Etoile"

Totem, tambour !
Toi l'homoncule saisonnier.
Percussionniste de la devanture
Cri!
Totem, tambour!
De ton socle la nuit tu déracines les ombres, et en bas
C'est fini ils n'ont plus peur de crever l'étoffe
Tendre d'abord en dessous,
Déchirer ensuite, l'illuvium
Totem, magma!
Lave bouillonnante en crispation
Accrochée là, aux autres eaux
Pris dans l'étau d'un croissant de lune
Figé un soir de mai sur l'étendue
Totem, liquide!
Perdu, déchargé trop loin, isolé
D'un autre pont de Recouvrance
Ou le marin largué de sa coque
Sans amarre, te laissa fuir un soir de Siam
Pour élaguer les ruines de ton berceau
Dans le murmure d'un tambour battu
Qui me mena à ton autel,
Moi la carcasse martelée,
Par tout ces possibles encore,
A venir
Temps!
Totem!
Temps cri!
A rebours, l'invisible se mire dans le ruisseau
Il n'est qu'au balbutiement de l'infini
Les bras tendus,
Les mains; en vrai, des griffes!
Elles sont là, comme
Les griffes d'une charrue,
Dans le sillon des comètes
Totem pousse son visage
Loin du socle de son cou
Totem hurle son message
Semence, graine, fécondité du ciel de mai
Ou je dois poursuivre sans relâche,
Celle qui est venue,
Totem, toit du monde
Dis tu l'as vu toi aussi hein?
Dis tu l'as vu l'ultime Etoile?
Balder.
13 juillet 2008
JEAN FOLLAIN
TRAGIQUE HIVER
Plus de berger à l'horizon
s'appuyant sur le roc à fleurs minuscules
on balayait les maisons
des familles silencieuses
dont les filles à corsage étroit
au visage strictement nu
avec des bâillement montraient
la rose de leur palais
peu soucieuse d'une beauté
attachée aux mêmes rivages.
Extrait de EXISTER
04 juillet 2008
CHARLES BAUDELAIRE
Victor Hugo
Depuis bien des années déjà Victor Hugo n'est plus parmi nous. Je me souviens d'un temps où sa figure était une des plus rencontrées parmi la foule; et bien des fois je me suis demandé, en le voyant si souvent apparaître dans le turbulence des fêtes ou dans le silence des lieux solitaires, comment il pouvait concilier les nécessités son travail assidu avec ce goût sublime, mais dangereux des promenades et des rêveries. Cette apparente contradiction est évidement le résultat d'une existence bien réglée et d'une forte constitution spirituelle qui lui permet de travailler en marchant, ou plutôt de ne pouvoir marcher qu'en travaillant. Sans cesse, en tous lieux, sous la lumière du soleil, dans les flots de la foule, dans les sanctuaires de l'art, le long des bibliothèques poudreuses exposée au vent, Victor Hugo, pensif et calme, avait l'air de dire à la nature extérieure: "Entre bien dans mes yeux pour que je me souvienne de toi."
L'art romantique: Sur quelques-uns de mes contemporains
27 juin 2008
VLADIMIR MAÏAKOVSKI
Je sais
que l'amour l'à déjà usé.
Je devine l'ennui à tant de signes.
Rajeunis-toi dans mon âme.
Révèle au cœur la fête du corps
Extrait de La flûte des vertèbres
RENE CHAR
La seule liberté, le seul état de liberté que j'ai éprouvé sans réserve, c'est dans la poésie que je l'ai atteint, dans ses larmes et dans l'éclat de quelques êtres venus à moi de trois lointains, celui de l'amour me multipliant.
Riche de larmes
Extrait de Eloge d'une soupçonnée
26 juin 2008
JACQUES REDA
C'est un lieu doux comme une petite bonne soeur rieuse, couleur de pomme de terre, qui mélange les grains de la groseille avec ceux de son chapelet, les roucoulades des ramiers et tintement de la cloche. L'heure y est toujours à peu près celle de l'angélus. On ne peut pas y entrer plus que dans une image ou que dans la mémoire d'autrui. Mais ce souvenir semble avoir survécu à sa mémoire, sans personne pour venir comme en face le réclamer.
le XV° magique Extrait de Châteaux des courants d'air

