Le salon de Balder

L'écriture comme un chemin pour s'éloigner des évidences. Un peu de littérature, un peu de philosophie et beaucoup de mots, les miens et les mots de ceux que j'aime. A partager sans modération.

19 août 2008

KIERKEGAARD

Il possédait un peu d'exacerbation cérébrale pour lequel la réalité ne disposait pas de stimulant assez fort, sinon fugitif. Il ne succombait pas sous la réalité, il n'était pas trop faible pour la supporter, non, il était trop fort; mais cette force était une maladie. Aussitôt que la réalité avait perdu son importance comme stimulant il était désarmé et c'est en cela que consistait le mal qui existait en lui. Il en était conscient, même au moment du stimulant et le mal se trouvait dans cette conscience.

Journal d'un séducteur

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15 juillet 2008

MICHEL SERRES

  Il faut donc changer de direction et laisser le cap imposé par la philosophie de Descartes. En raison de ces interactions croisées, la maîtrise ne dure qu'un terme court et se tourne en servitude; la propriété, de même, reste une emprise rapide ou se termine par la destruction.
  Voici la bifurcation de l'histoire: ou la mort ou la symbiose.
  Or cette conclusion philosophique, jadis connue et pratiquée par les cultures agraires et maritimes, quoique localement et dans les limites temporelles étroites, resterait lettre morte si elle ne s'inscrivait pas dans un droit.

 

Le contrat naturel


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26 juin 2008

BEAUVOIR

Un mal honteux. J'avais secoué mon éducation puritaine juste assez pour pouvoir me réjouir de mon corps sans contrainte, pas assez pour consentir qu'il m'incommodât; affamé, mendiant, plaintif, il me répugnait. J'étais obligé d'admettre une vérité que depuis mon adolescence j'essayais de me masquer: ses appétits débordaient ma volonté. Dans les fièvres, les gestes, les actes qui me liaient à un homme choisi, je reconnaissais les mouvements de mon cœur et ma liberté; mais mes langueurs solitaires sollicitaient n'importe qui; la nuit, dans le train Tours- Paris, une main anonyme pouvait éveiller au long de ma jambe un trouble qui me bouleversait de dépit. Je taisais ces hontes; maintenant que j'étais entrainée à tout dire, ce mutisme m'apparaissait comme une pierre de touche: si je n'osais pas les confesser, c'est qu'elles étaient inavouables. Par le silence auquel il me contraignait, mon corps, au lieu d'un trait d'union, devenait un obstacle et je lui en avais une brûlante rancune.

La force de l'age tome I

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