Le salon de Balder

L'écriture comme un chemin pour s'éloigner des évidences. Un peu de littérature, un peu de philosophie et beaucoup de mots, les miens et les mots de ceux que j'aime. A partager sans modération.

24 août 2008

WASSILY KANDINSKY

Lorsque la religion, la science et la morale (cette dernière par la rude main de Nietzsche) sont ébranlées et lorsque les appuis extérieurs menacent de s'écrouler, l'homme détourne ses regards des contingences extérieures et les ramène sur lui même.
La littérature, la musique, l'art sont les premiers et les plus sensibles des domaines dans lesquels apparaîtra réellement ce tournant spirituel. En effet, ils reflètent l'image sombre du présent, devinent la grandeur, cette petite tache que ne remarquent qu'un petit nombre et qui n'existe pas pour la grande foule.
Ils reflètent la grande obscurité qui approche. Ils s'obscurcissent eux-mêmes et deviennent sinistres. Par ailleurs, ils se détournent du contenu sans âme de la vie actuelle et se consacrent à des matières ou à des environnements qui laissent libre cours à la tendance et à la quête des âmes altérées.

Du spirituel dans l'art, et dans la peinture en particulier.

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04 juillet 2008

CHARLES BAUDELAIRE

Victor Hugo

Depuis bien des années déjà Victor Hugo n'est plus parmi nous. Je me souviens
d'un temps où sa figure était une des plus rencontrées parmi la foule; et bien des fois je me suis demandé, en le voyant si souvent apparaître dans le turbulence des fêtes ou dans le silence des lieux solitaires, comment il pouvait concilier les nécessités son travail assidu avec ce goût sublime, mais dangereux des promenades et des rêveries. Cette apparente contradiction est évidement le résultat d'une existence bien réglée et d'une forte constitution spirituelle qui lui permet de travailler en marchant, ou plutôt de ne pouvoir marcher qu'en travaillant. Sans cesse, en tous lieux, sous la lumière du soleil, dans les flots de la foule, dans les sanctuaires de l'art, le long des bibliothèques poudreuses exposée au vent, Victor Hugo, pensif et calme, avait l'air de dire à la nature extérieure: "Entre bien dans mes yeux pour que je me souvienne de toi."

L'art romantique: Sur quelques-uns de mes contemporains

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