24 février 2009
Quel Orsay?

Dans cet espace redessiné par l'apparition de deux nymphes immobiles, le temps s'est arrêté au dessus de la ville et l'homme dans son atelier à penser ferme les yeux sur la transparence des choses.
Métrique dressée par la métaphore à refaire le paysage, matricule à affranchir.
Un point se tient sur le pourtour.
Angle droit, angle froid d'une syllabe de fer brisée par des éclats de souffre.
Ici, la virgule s'épèle en silence dans les plis de la phrase cachée et de l'heure muette.
En voir d'autres s'oublier, en voir d'autres se tenir à la roue du temps, prendre en substance leur profit d'illusions et n'en retenir que le regard porté depuis les toits de la ville sur les arbres passifs et les ruisseaux de voitures.
Chacun les cimes de son brouillard à éventrer pour y voir clair.
Près d'un tableau décomposé en trois mouvements.
Trois unités traversés par les séances des siècles que l'on à dit beau, puis que l'on à vu mourir sans plus se demander qui de l'heure ou de l'homme finirait par l'emporter.
Avoir encore à l'œil ces pastels de Degas dont elle parlait en attendant le train sous les étranges pluies qui dispersaient son visage sur les quais de cette gare ou certains n'attendent plus aujourd'hui que les nymphes immobiles qui sortent des tableaux.
BD
30 juin 2008
Le désespéré/ Courbet au musée Fabre
C'était hier, un dimanche.
Dans le musée plutôt calme un parcours quelques flèches, quelques friches et face à face soudain avec l'individu.
Lui, ses traits, ses veines, ses poils, cette mèche de cheveux qui semble encore ici éprise de liberté. Lui, imperfectible puisque au-delà.
Lui l'insane, moi l'insensé.
Le cadre s'il vous plait, laissez le sortir de son cadre pour nous les statiques. Les yeux, les miens, dans un seul cadre sans gouverne pris dans le galbe de ce visage stupéfait par sa propre beauté à en devenir fou.
Des heures depuis, des heures devant ce regard, tout est dit et rien ne s'entend. Depuis il fait nuit, et il ne sortira plus du mien.
D.BENOIT
