31 août 2008
Hors saison

Ce matin tout est vide.
Vide comme une veille de rentrée.
Une évaporation méthodique des uns et des autres, les colorés, les "sandaleux", les enthousiastes, les déprimés et les photos-maniaques. Plus aucun bruits dans la ruelle, plus de cris sur la placette, rideaux tirés sous les arches, terrasses pliées, couverts enfermés, pas de rappel à la démesure, plus de doute nous sommes hors saison.
Sortir cahiers, plumes et masque de plume, Corneille sur la table, corneilles dans le ciel.
Tirer le rideau, baisser la tête, sortir de cette garnison séculaire, traverser quelques moments d'histoires, à rebours si l'on veut.
Qui de la sirène ou du minotaure viendra troubler la sieste enfin silencieuse d'un Alcande embroussaillé dans un dimanche de disparition?
Anticiper. Regarder les choses devant, élaborer des emplois du temps, de l'aliénation bien à soi en somme.
La couverture tiré elle aussi comme un rideau sur la bulle, être un coussin en train de lire, fondre un peu là en chemin dans ce théâtre de l'illusion comique entre guerre de trente ans et anéantissement de la folie touristique.
C'est les joies d'un lecteur du XXI° siècle face aux échéances trompeuses, aux anachronismes incertains.
Regard clownesque sur l'empire qui se délite, fanfaronnades enrubannées des projectionnistes de l'extérieur qui s'inoculent du bonheur en imaginant un possible messie noir d'outre-atlantique.
Mais que de bof, pour faire du blog, il paraît même que l'été à Pékin fût olympique, alors il était vraiment temps de larguer les ammares dans le bateau amphithéatre pour ne plus que s'ébruitent à mes oreilles, les bruits du monde. Tout est encore silence, tout est encore vide de toutes pensées, de toutes réflexions, même le tableau semble dormir, j'étais de passage alors j'ai pris le temps dans les travées de respirer le tableau blanc.
C'est sur il en pleuvra d'autres des poètes sous les parapluies zélés des futures saisons.
Ce qu'il faut y comprendre pour y voir plus clair ne nécessitant au fond que très peu de méthode, puisqu'il suffit d'organiser le sensible dans un monde d'illusions.
Balder
26 juin 2008
NICOLAS BOUVIER
PRINTEMPS KURDE
Il brassait à bon pas la neige fondue
ce fils du Dieu Unique
en grommelant une chanson
il est monté dans la voiture
turban tout de travers
lourde pétoire à la ceinture
et s'est remis à chantonner
Je me souviens
Le fleuve était en crue
Le ciel gorgé de pluie s'étirait comme une bête
sur d'interminables friches noires
L'outarde, la cigogne
et tout ce que j'ai aimé ensuite
y nichaient déjà en secret
Extrait du Le dehors et le dedans
