02 octobre 2009
Tirer le rideau

En dévalant le Faubourg Saint Antoine, les pieds repus de granit, des
dentelles effritées de l'ancienne citadelle, l'enfant regardait la
ville entre les flammes de ses yeux. Il était en fuite vers le
souterrain insomniaque, sirotant la pente bleu décorée de ce souffle
qui maintenant le dépassait, lui l'étoile filante des trottoirs de
Bastille en route vers un étage, un quartier décoré comme un bateau
lavoir.
Vient lui dit elle, vient nous irons à rebours chercher sur l'étagère
d'autres choses à pourfendre dans ces soleils d'hiver couvert de ce
vernis aux aspects atomiques, encyclique nébuleuse jetée sur la beauté.
Carrefour d'automne en fin d'après midi, crudités sur le pare brise
d'un champ magnétique, elle avançait nue dans l'ellipse de la raison et
l'enfant courait derrière ses chairs abandonnées à nos regards. Nous
étions vingt, nous étions mille, nous étions les autres accrochés à nos
yeux de merlans imperméables, nous cachant sous l'asphalte, comme pour
ne pas nous en apercevoir.
L'enfant à lâché la main au feu rouge parlant, puis il à traversé un autobus
pour laisser son ancienne vie seule sur le trottoir et nous avons pris nos
tickets d'automates pour migrer vers le vide de cette disparition.
Balder
