21 août 2008
bruissement (intersticiel à l'ultime étoile)
Lumière qui cours sur les toits,
ondulation, frisson des tuiles,
je sais exagérer la cadence,
définir les lignes surpeuplées
d'autres morceaux aléatoires,
qui dans un reflet rassemblent,
les préposés à la psyché.
De loin en marbre,
entre les sphères exigeantes
d'une prépotence aux insondables dualités,
couvrant le sol d'une enveloppe ossianique
enchanteresse et dévolue, soyeuse ramure
en œil d'obsidienne d'un miroir,
ou l'image s'incline au-dessus de soi.
Page sismique, péninsule déposée
sur les arrêtes d'une faille, matrice
des attentes, persienne envisagée
comme une issue fragile et lumineuse,
idée tenue à bout de bras, dans l'antre
fossile de ce poing figé dans sa membrane
d'hémine et de mots dans le même cristal.
Intentions affutées, brillantes sur le fil
d'un musoir, ruptures tangibles des terres
entre deux eaux, toi le visage effacé,
îlot d'une tranche de nuit rampante
aux pieds enracinés d'un sémaphore céleste,
glisseras-tu de ta devanture? Laisseras-tu grandir
le bois de tes branches entre celles de l'ultime étoile?
Balder

11 août 2008
Bout de ciel et bol de bambou

Il existe un endroit. Un endroit dans l'envers. Hors du temps près du vent, un nulle part et un partout à la fois. Un périmètre des possibles, une grotte en bois, une cabane faite de toutes les pierres du monde...
Un espace de l'intérieur à l'abri des bruits du monde.
Une fois que l'on à trouvé cet endroit, même s'il nous arrive de ne pas y revenir régulièrement. Il est toujours là, en présence, il à posé des moments, des images qui nous habitent autant que ce que nous l'avons habité nous. Il est cet espace secret que l'on garde comme un trésor. Mais pas un trésor de pierres précieuses, d'or ou je ne sais de quelles autres futilités matérielles. Non un trésor bercé par le silence des nuits majuscules, à peine troublé par le bruissement des pas du chat dans les courbures dorées des anciennes feuilles. Un silence qui ruisselle et se laisse accompagner harmonieusement par le chant de la petite cascade du bassin haricot ou les grenouilles rencontrent la nuit lorsqu'elle tombe sur ce jardin extraordinaire.
Cet endroit un jour est venu à ma rencontre, le magicien et la fée qui ont construit cet endroit ont ouvert une porte en moi que je ne connaissais pas encore. Peut-être était elle là avant, mais je ne voulais pas l'ouvrir, je ne voulais pas y croire. Parce que c'est plus facile de ne pas croire à ses imperfections, à ses possibles à soi, à ses blocages que nous inventons et auxquels nous nous attachons comme des bouées de secours juste pour nous mettre à l'abri de nous mêmes.
Aujourd'hui avec toutes mes imperfections, tout mes blocages dans la cabane des mondes multiples j'ai aperçu la possibilité de faire avec. De construire autre chose que des remparts contre le monde. Ce n'est pas acquis, cela ne découle pas de la simple évidence, c'est un autre jardin à construire. Là avec quelques bouts de roseaux pour les trames, quelques branches pour l'articulation et des galets pour consolider la sémantique d'une source intarissable d'où s'écoule les mots sans que rien ne puisse troubler leur débit.
Parfois cette source prend une couleur très vive, elle illumine la page, serpente tendrement entre les monticules fleuries sertis par les écorces bien à l'abri des mauvaises herbes. D'autres fois elle s'assombrit, elle creuse un peu dans les sillons mélancoliques se frayant coûte que coûte un passage entre les gouttes de nuages noir, gonflés d'un peu d'orgueil et de cynisme.
Mais ce n'est pas ce qui compte, ce qui compte c'est qu'elle coule et qu'elle engendre d'autres jardins, d'autres abris, qui eux aussi viendront fleurir le monde, avec toutes leurs richesses et toutes leurs imperfections.
Un peu de noir dans du blanc, un peu de blanc dans du noir.
Dans l'écrin du bol et du bambou le magicien et la fée m'aide encore aujourd'hui à accepter. C'est la un mot maître, ou un maître mot accepter de s'accepter soi même comme un autre.
Alors en langage magique je leur dis ce qu'ils savent déjà...
Balder
