Le salon de Balder

L'écriture comme un chemin pour s'éloigner des évidences. Un peu de littérature, un peu de philosophie et beaucoup de mots, les miens et les mots de ceux que j'aime. A partager sans modération.

14 janvier 2009

To blog or not to blog

Pour créer un nouveau nuage de tags, rendez-vous à la rubrique apparence.

Je trouve cette phrase magique ce matin.
Ce n'est pas la première fois que je la lis, mais c'est la première fois qu'elle est magique.
D'habitude elle se tient tranquille dans la fenêtre d'accueil de canalblog , celle par laquelle le blogueur entre dans cette annexe. Qui est celle de sa maison ou de sa tête.
Je la regarde, elle me regarde et nous en restons là. Froideur et distance de l'incompréhension.
Mais aujourd'hui ou je ne pensais pas "lâcher un billet".
Majuscule étreinte. Peuplades réflexives, réminiscences imagées.
Je me souviens en premier de la pochette de ce disque The cloud making machine.
Les cheminées du grand incinérateur à Vitry et les nuages s'échappant de la pochette.Regarder le clavier comme une machine à fabriquer la pluie et le beau temps. Le clavier c'est le sol et les doigts lui tombent dessus comme des gouttes.
Le "Je" ruisselle d'un vieil inventaire déglutissant de mots dans le ciel de janvier.
L'oiseau sur la place se regarde le nombril avant d'effacer son nid de la toile du monde et de chercher un autre endroit pour attendre un printemps plus érotique. L'enfant regarde le ciel et le nuage vient rencontrer le bout des ailes de la ville.
Elle qui s'est posée au bord du fleuve dans un souci évident de fécondité.
L'oeil se dirige vers la porte, il est le point g de la focalisation.
Quelques métros plus loin.
Brasse coulée synthétique dans les embruns tiédasses du dioxyde de carbone. Rotonde ancienne de l'autobus, parvis glacé des frais de bouche et divagations abstraites sur les bienfaits du goudron brûlant pour cracher dans la soupe républicaine. Mais tout ça n'est qu'un rêve, assis depuis ce bureau à 800km de la scène. Donc le rêve vit, il invente son lieu. Derrière le rideau lui aussi sait se sauver des apparences.
Et sauf absorption de saloperies, de substances assermentées ou non le rêve reste bio quoi qu'il arrive donc pas encore de Grenelle pour lui, il est encore en sursis d'institutionnalisation, il a eu chaud celui-là, dans les  hauts fourneaux à refonder la constitution ils n'ont pas encore trouver de tiroir ou l'enfermer.
Un rebelle pareil, pensez-donc!
Avec ses perversions imaginaires, ses artifices décadents, ses subterfuges subversifs, ses échappées belles dans des métaphores ingouvernables donc dangereuses. Bientôt une section ministérielle pour en contrôler l'inconsciente moelle, un cabinet de lutte contre la délinquance onirique et des vaccins anti-imagination.
Alors rendez-vous à la rubrique apparence pour faire en sorte qu'il ne soit pas trop tard pour fabriquer du monde.
Mais je reviens vers cette absence, je me souviens d'un mur du son.
Dehors est là avec tous ses encombrements. J'essuie le carreau du bus.
Sur les quais, les oiseaux prient dans leurs cages.
Vivre la passerelle des arts, un matin de janvier sous un soleil qui vous découpe en ombre longue dans une Seine à reculons, c'est marcher sur l'eau entre deux arts.
Ornière liquide qui sépare les mots, des tableaux.
Tu te souviens 89/93 et le tapis roulant des anomalies, la complexité drue d'une étude de Delacroix saisie dans l'intemporalité d'une révolte ou nous cueillions des lanternes. Refuge secret d'une lune insurgée à la robe tendue sur un drapeau rouge sang.
L'oreille figée recense les anciens mots, ceux que l'on osent encore dire, mais ils s'effacent souvent dans les académismes conventionnels ou ces "textos" qui nous empressent de communiquer puisque l'on ne s'entend déjà presque plus, et je me demande ce que je vais pouvoir mettre dans mon nuage de tags pour sauver les apparences d'un prétexte hors-la-loi, puisque hors du temps. Mais... méfions-nous des apparences.

Balder



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