Le salon de Balder

L'écriture comme un chemin pour s'éloigner des évidences. Un peu de littérature, un peu de philosophie et beaucoup de mots, les miens et les mots de ceux que j'aime. A partager sans modération.

21 octobre 2009

Attente

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Ce n'est pas cet étage, ce n'est pas le bon ascenseur ce n'est pas la bonne boite, le silence se trouve à droite sous la cage d'escalier ou l'on entrepose des gravures de Piranese et de la vieille mimolette. dans la tour de la monnaie la princesse s'ennuie, délavée par les pluies, creusée dans les contours.
Il sera bientôt l'heure de la donner aux lions.
C'est le déjeuner ambigu, l'heure pour les spectateurs d'assouvir leurs besoins de clarté. 
Près de là.
Une rôtisserie décore l'ennuyeux carrefour, près de là il y à les automobiles, les platanes bétonnés et le café au sol qui colle sous les semelles anisés.
Près de là les autres attendent le courrier de toutes les planètes, de toutes les galaxies.
L'attente est fidèle au rendez-vous des déjeuners vides, des rituels télévisuels et de l'espoir accroché sur le buffet formica d'une réduction à venir, d'un possible sondage, d'un premier prix au grand jeu concours.
L'attente c'est cette Dame qui s'est déjà retrouvée plusieurs fois clouer au sol par le poids de des ses quatre vingt dix ans et qui lorsque je la croise entre les grilles et que je lui demande si elle va bien, me répond au travers d'un grand sourire.
Maintenant  j'attends...

Balder

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16 octobre 2009

Heure à perdre

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Les marches nues abritent nos vertiges, les yeux plongent et le corps reste là.
C'est un escalier rencontré hier, il avait froid un peu, car hier était le vent.
Sous les marches il passait en fusée transportant des images dans les cages d'escaliers, pardessus versatile de l'automne arrivé.

Balder

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12 octobre 2009

Encore quelques matins.....

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S'arrondir les angles sur la courbe humide d'un trottoir, attendre que la porte s'ouvre, qu'il ait enlevé les barres, fait sauter les verrous, les cadenas. Qu'il ait déplacé les pots de fleurs, les vieux bidons.
Attendre qu'il entrebâille ensuite pour s'assurer que ce n'est pas la mort qui rentre de banlieue pour faire son marché intra muros.
Enfin la porte s'ouvre, enfin l'attente est rompue, j'entre et j'entends des musiques militaires, des bruits de bombardements, des messages de la BBC et pour enflammer l'odeur acre de la maison, le carillon de Big Ben   mélangé aux cris des sirènes.
Il  espère encore une libération, je lui dis qu'elle ne viendra pas, qu'il ne faut plus attendre comme ça que Leclerc à été fusillé par les forces de l'otan à la porte de Bagnolet.
Je ne sais pas, j'invente et je rajoute des images à son cinéma, je modernise, je revisite sa mémoire qui s'en va je ne sais ou.
Je fais le café, la dame qui s'occupe de lui n'est pas encore arrivé, bientôt elle ne pourra plus partir d'ici, quand sa tête à lui ne sera plus du tout là qu'il aura migrer de la mémoire pour toujours.
Il m'a bien reconnu ce matin encore, c'est notre code qui l'aide sans doute. D'abord je téléphone, ensuite je frappe trois coups ,j'attends, dix minutes et je frappe à nouveaux deux coups cette fois et s'il est toujours là, il commence la lente cérémonie de l'ouverture des portes.
Le temps est troué chez, lui, le présent poinçonné par toutes ces escapades dans un passé inconscient parsemé par des habitudes, des fragments de quotidien encore ancrés dans le réel.
Je sers le café dans les vieux bols bretons. J'enjambe le canapé et les piles de livres.
Je lui demande de me parler de Céline, de Ménilmontant du temps ou "c'était chouet'".
J'attrape des éclats, des encoches, je note.
On attend un peu, la dame de vie passe par l'escalier de derrière. Du côté de Bagnolet.                           "Elle crèche aux Lilas". Elle viendra, elle fera la soupe et ça sentira le bouillon cube pendant le reste de la semaine.
Il revient au présent par étincelles; des bagarres crochus avec les situationnistes, des ramponneaux, des bourres-pifs. De la gouaille à manger pour un archéologue du pavé parisien.
Il reste en suspend, c'est l'alerte qui revient, il veut rejoindre l'abri de la place des fêtes.
Ce n'est rien ça va passer les FFI ne vont pas tarder à entrer dans Aubervilliers.
Je reconstruis la guerre avec des bouts de ficelles tressés de mensonges aussi absurdes que la guerre.
Il revient, il est fatigué, me montre ses plantes, quelques tickets de rationnements, des photos de lui et de Bunuel, il est jeune sur la photo, Bunuel est vieux, déjà éteint. On regarde un autre album, il ne dit plus rien.   Je m'en vais, mais je reviendrai encore quelques fois, chercher des morceaux à coller dans les carnets, tant qu'il en reste, tant qu'il encore un peu là pour les faire passer, de la mémoire à négocier avec le temps, presque de la mémoire au marché noir. 

Balder

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07 octobre 2009

Etre le pavé

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Un peu plus tard dans la vieille ville.
Café, genièvre et et goût de hareng dans la musette. fond de l'air en couverture, ossature imperméable, vue assiégée, tempérament humide et sec, pavés glissants, chaussures muettes, hommes en transit sur un chenal de fer
Les passants sont pinceaux.
Font, défont et refont sans cesse le décor.
Sans eux les choses reste figées dans le matin de ce dimanche posé dans l'objectif.
Sans cette traversée de chaussures, l'œil aurait sans doute pris le tramway de travers pour se disperser dans la zone engloutie des librairies obscures et des cafés sans fins.
Décider de les suivre, de les prendre en filature comme un détective à la probité douteuse se fondre dans le gris, dans la brume, couler un corps inerte au fond de son imper et devenir sa propre statue. Pas de bruit, pas de loup, s'encocher dans les portes, pour s'extraire du champ d'un hypothétique rétroviseur. Être sur les pas de ceux qui vivent en amont pour suivre le courant de leur dérive matinale. Juste happé par les pieds inconnus. De portes en vitrines, de façades bigleuses en horodateurs ordonnés, comme une balle rebondir.
Les rues se suivent, traînent leur dimanche dans le pas des inconnus, de carrefours en avenues quelque chose monte lorsque l'horizon se fait désert et qu'il n'existe plus rien pour disparaître. Les chaussures ralentissent devant une enseigne à l'encolure bien mise. Le cœur palpite en bas de l'écluse, près de la butte au pont levant, déjà une attente, peut-être un indice. Quartier De Pijp. Ruelles étroites, lumière compressée  entre les briques.
Relents de 19° siècle s'échappe des hublots de la ville.
Dans le bas ventre d'une maison, une ancienne scierie, ici un atelier découpé aux jointures par des rubans de plomb. Devant la masure étroite ou sont entré les inconnus, ne reste qu'un silence, une carence à combler et au travers des fenêtres de fin de matinée s'invente l'hiver des obscures lueurs.

Balder

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26 septembre 2009

Caminante

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"Caminante, son tus huellas
el camino, y nada mas;
caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace camino
y al volver la vista atras
se ve la senta que nunca
se ha de volver a pisar
Caminante, no hay camino
sino estelas en la mar.

Antonio Machado
Séville 1875/Collioure 1939

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14 septembre 2009

Composition métaphysique et langage de l'esprit

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Autour d'une heure.
Château bâti sur une énigme contraint à ouvrir sa pelote d'azur enter de son rouleau.
Codex tenu à bout de corps dans l'os du pied de Zarathoustra.
L'œil du peintre pour subvertir le rationnel engage un pinceau neuf.
Un quelque part en gestation dans l'autre œil. Celui qui cherche à voir une cosmogonie bâtarde ou Léda souveraine partage sa volaille pour réchauffer son œuf sous la narine du dragon.
Colonne de souffre et de mercure fastigiées dans un bleu qui s'en va et regard juché sur un fil volé à une
étoile.
Pendant que le roi rouge se rassemble, la reine blanche s'endort.

                                                                                                  Balder

Tableau: Giorgio de Chirico Composition métaphysique 1914 New York. Metropolitan Museum of art

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12 mai 2009

Lever les yeux

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Écrire comme un nuage qui te montre du doigt et désigne le singe suspendu à ton cou, celui qui n'attrape l'ailleurs que depuis les versants envoûtants des cheminées célestes.
L'abri coquille flotte sur l'horizon, plus rien ne se passe, quelquefois à tire collines sur des battements d'ailes s'invente l'ombre du vent.
Le berger assis n'abîme pas ses restes dont le sorcier errant apaisera l'ire creuse en humus médiateur.
N'y voir qu'un ciel en vers qui se plaît à bondir sur le dos des montagnes.
Ni sage, ni docile il modèle en esthète tous les plis de la terre et nous levons nos gourdes tannées par les passions pour croire à ses miracles.

Balder

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01 avril 2009

sans savoir

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La vie près du fleuve, un rien ce temps qui passe, ce matin le regard accouche ses métaphores et le pays à l'air de devenir.
Parfums qui volent entre les maisons, ou la nuit apprivoise les silhouettes.
A la peur!
Au succès!
A l'amie insolite!
Solitude inédite cachée dans le placard.
Il tremble, il bégaie, il est le sang qui tape dans les phalanges exilées, il suit le pourtour des îles creuses.
Le vide, il est déjà brûlant d'ombres rouges sous le soleil des lampes de la lucidité.
Verser un thé, couper le pain, manger à vif la vie avec les yeux de la bouche.
S'infiltrer vers cet inconnu dont parlait Gide hier soir dans ce sommeil paradoxal ou les phrases des uns traversent  fulgurantes l'identité des autres assis sur le rebord.
Il faut aller vite, laisser les doigts se débrouiller tout seul, nous servir leur confiture de nuages et de cris enlacés dans un chemin sans limites.
Écrire c'est se parcourir pour essayer de naître.

Balder

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15 mars 2009

Sur le vif d'un sujet...


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Peinture de Baba Speed

Archet de cristal sur anatomie d'une voix entre les cordes, ce soir j'ai le ciel qui vacille entre les tours.
Les tours ou l'ombre du héros des ombres plane encore.
Ce soir comme toujours le ciel est un peu moins seul.
Vertiges animés d'une perception à la limite de l'indisponible et abonné présent aux amours impossibles.
Confusion légitime de la voix qui se tait et de celle qui reste dans le rétroviseur sonore.
Demain déjà est ébahi par les souvenirs.
Anamorphose à la note bleue entre les tours, regard éteint du passant que nous sommes devenus à force de chercher à cueillir de dérisoires et insoutenables identités.
Il ne reste au fond que des notes et des mots dans le ciel des carrefours.
Le choix est déjà cette projection, cet ailleurs qui nous gouverne et nous attendons que la note en silence revienne nous cueillir pour nous défaire de l'abîme de la vie.
Du violoncelle au linceul il n'y a qu'un pas, un pas de plus à exaucer pour ouvrir les yeux du monde sur la forteresse imprenable du silence.
Refrain trop aiguisé pour n'être qu'une chanson, une chanson de plus à définir l'espèce, cette forme sinueuse au regard de poison.
Rien n'est fini, non rien n'est jamais fini pour ceux qui restent
Ici plane encore l'exilé des faubourgs.
Cheveux ailés. Icare des autres manèges, valseuses des zones d'érosions danseront encore souvent dans ma tête, ce cirque fantaisiste au chapiteau bleu pétrole ou je range mes morts pour les garder en vie.

Balder


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24 février 2009

Quel Orsay?

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Dans cet espace redessiné par l'apparition de deux nymphes immobiles, le temps s'est arrêté au dessus de la ville et l'homme dans son atelier à penser ferme les yeux sur la transparence des choses.
Métrique dressée par la métaphore à refaire le paysage, matricule à affranchir.
Un point se tient sur le pourtour.
Angle droit, angle froid d'une syllabe de fer brisée par des éclats de souffre.
Ici, la virgule s'épèle en silence dans les plis de la phrase cachée et de l'heure muette.
En voir  d'autres s'oublier, en voir d'autres se tenir à la roue du temps, prendre en substance leur profit d'illusions et n'en retenir que le regard  porté depuis les toits de la ville sur les arbres passifs et les ruisseaux de voitures.
Chacun les cimes de son brouillard à éventrer pour y voir clair.
Près d'un tableau décomposé en trois mouvements.
Trois unités traversés par les séances des siècles que l'on à dit beau, puis que l'on à vu mourir sans plus se demander qui de l'heure ou de l'homme finirait par l'emporter.
Avoir encore à l'œil ces pastels de Degas dont elle parlait en attendant le train sous les étranges pluies qui dispersaient son visage sur les quais de cette gare ou certains n'attendent plus aujourd'hui que les nymphes immobiles qui sortent des tableaux.

BD

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