29 octobre 2009
Bout de carnet 21 Novembre 2002 Paris 19°
Le turban accroché sous la taille. Sa main est prête à dégainer du fourreau quelques éclairs épais associés aux envies, de pelures d'oranges, d'amertumes rincées au gin fizz sur des sols de bambous.
Elle marche sans devenir.
Avance lentement vers la rue. Tourne sa tête vers la droite, vers la gauche.
Attend le signal et traverse.
Suspendue aux néons du carrefour, girouette lumineuse au présent raccoisé par la trace des choses.
Le protocole reste le même mais en sens contraire. Dix heures et vingt minutes après son premier passage c'est dans le squelette déformé d'un bus de nuit dans lequel on projette des radiographies de corps vaincus qu'elle réapparait.
Juste devant le comptoir ou je me tiens, un homme titube vers l'amertume au moment ou le bus s'arrête.
Devant la route est un serpent de lumière et il ne reste au soir, que le décor à refondre.
Balder
//
Autour de ce regard s'ordonnent, d'une part, les objets- la distance de moi au regardés existe à présent, mais elle est resserrée, circonscrite et comprimée par mon regard, l'ensemble "distance-objets" est comme un fond sur lequel le regard se détache à la manière d'un "ceci" sur fond de monde -d'autre part, mes attitudes qui se donnent comme une série de moyens utilisés pour "maintenir" le regard. En ce sens je constitue un tout organisé qui est regard, je suis objet-regard, c'est à dire un complexe ustensile doué de finalité interne et qui peut se disposer lui-même dans un rapport de moyen à fin pour réaliser une présence à tel autre objet par-delà la distance.
in L'être et le néant
Sartre
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