21 avril 2009
Rivage flou
Inversion d'une ogive sur définition malvenue,
La poutre pourrie sur l'automne,
la statue penche vers son salut.
Au dessus du rivage palpite un étranger,
cœur gluant d'un ressac,
goémons en apnée,
ce soir l'œil s'agite,
ce soir le regard récupère l'image entrouverte dans l'espace du rêve
focalisation flexible d'une dispersion possible.
Plan fixe sur trois bouts de pierre sortis d'un abime inventé par la mer.
Décor. Lave, écume, oubli. Vieilles algues, corps nus stupéfiés.
Homme qui avance vers l'œil qui tourne.
Il reste des corps encore entrouverts et immobiles.
Plage jonchée de membres figés dans la luxure.
C'est le vent qui le lave, il s'assied retourne une pierre.
Puis il se lève. Il est Debout.
Dans sa main, il tient. Un nom.
Un nom écrit, marqué et lu sur la pierre.
Debout encore il croit qu'il peut courir sans se débattre, sans s'avaler.
Il ne court pas, il est calme maintenant parce qu'il à peur. La peur l'apaise
Qu'il est loin le socle blanc des fumées de la ville ou seul les bruits le font dormir. Une horloge énorme posée sur un rocher.
Mais l'heure devient passage, transfigure son rêve dans l'entonnoir des autres collines.
Plus loin un bateau passe pour combler le vide de l'océan. C'est la mer et ça sent.
L'image doit sentir la mer jusqu'a l'écoeurement, jusqu'a la nausée, l'asphixie.
Retour sur ses pas, désossé en chair de lune. Il doit souffler un espace minuscule entre les colonnes de lave croulantes de nostoc.
Chant des baleines qui sent le rouge des visages humains. Il attrape au sol un vers qu'il tourne comme un sabre vers le soleil des anciens temples. Il sait qu'il faut se débattre ici.
Il danse pour rien sur la musique de la mer. Puis il se laisse tomber la face vers le ciel. Rien ne bouge, sauf la mer.
Ici répit infime. Un instant vide ou rien n'est acquis. Puis il disparait.
C'est son ombre que l'on voit maintenant sur l'image.
Partie gyroscopique d'un territoire exilé qui lutte et se déplie contre des épouvantails ecclésiastiques agitant leurs membranes belliqueuses tels des sombres ducs d'Albe sur les lupanars écumants d'infini.
Vertige dans l'oeil qui voit mais qui résiste, tremblements perceptibles de l'image.
Possession par l'instant de l'ombre en opprobre. On ne voit plus que l'ombre qui glisse entre les écueils de la foudre. Ombre qui danse, ombre qui tourne, ombre qui vacille, ombre à l'épaule d'une vision suspendue tirée d'une énigme réconciliée.
Il revient vidé de son ombre.
Il regarde la plage.
Elle est ivre de massacre toujours bancale, il dit le mot, "bleu", puis il ne dit plus rien.
Les falaises creusées dans le dos du volcan pleurent des signaux de fumées contrariantes que le ciel gobe dans le mouchoir de son ennui.
L'oeil est allumé. L'objectif creuse un tunnel pour s'en sortir.
C'est vers la droite que la terre maintenant cherche à se définir.
Lui. Il se prolonge vers le ciel, se rectifie, mais il est abusé par des diplopies.
Debout à nouveau.
La caméra est au sol du monde posée par épuisement dans le sable des dimensions, elle regarde d'en bas et décline l'aspect éphémère de la verticalité qui disparait très vite dans le ciel.
Des embruns glacés s'échouent sur l'objectif, une main passe dessus, quelques doigts les enlèvent,
ça laissent des traces, ça fait des salissures les doigts, c'est les vitres pleines de buée des dessins de l'enfance fait avec les doigts de l'enfant.
On peut encore voir à travers mais c'est un nuage de boue maintenant, il faudra noyer l'objectif avec le regard pour laver l'image qu'on aura à dire de l'homme qui avance dans cette crique des terres brulées.
Balder
01 avril 2009
sans savoir

La vie près du fleuve, un rien ce temps qui passe, ce matin le regard accouche ses métaphores et le pays à l'air de devenir.
Parfums qui volent entre les maisons, ou la nuit apprivoise les silhouettes.
A la peur!
Au succès!
A l'amie insolite!
Solitude inédite cachée dans le placard.
Il tremble, il bégaie, il est le sang qui tape dans les phalanges exilées, il suit le pourtour des îles creuses.
Le vide, il est déjà brûlant d'ombres rouges sous le soleil des lampes de la lucidité.
Verser un thé, couper le pain, manger à vif la vie avec les yeux de la bouche.
S'infiltrer vers cet inconnu dont parlait Gide hier soir dans ce sommeil paradoxal ou les phrases des uns traversent fulgurantes l'identité des autres assis sur le rebord.
Il faut aller vite, laisser les doigts se débrouiller tout seul, nous servir leur confiture de nuages et de cris enlacés dans un chemin sans limites.
Écrire c'est se parcourir pour essayer de naître.
Balder
