Le salon de Balder

L'écriture comme un chemin pour s'éloigner des évidences. Un peu de littérature, un peu de philosophie et beaucoup de mots, les miens et les mots de ceux que j'aime. A partager sans modération.

22 janvier 2009

Cinquante cinq secondes

Les arbres fuyaient par centaines.
Certains filant vers les lanternes de la ville, d'autres endimanchés de plumes boréales couraient entre les toiles grise des carrefours.
C'était l'embouteillage génial du vide.
Depuis le bout de la mégalopole vers l'embouchure étroite d'un hospice conditionnant les papillons dans de très belles éprouvettes.
Cylindre, chiromancie, feu arrière clignotant de la nuit qui marche, que l'on ne retient que par désarroi ou cupidité et parfois par amour.
Antre mobile illuminée d'un verre de flammes oblongues et dansantes sur les cuisses épurées d'une lointaine amazone.
Défaire l'autre dans son nid.
Marche régulière entre les voies. Vers les carrefours, les autres chemins.
Courir constant vers la sépulture, grise, bleue et confondue de chiens et de loups, tanière provisoire sise sur un rond point stellaire autour d'un éternel nombril.
Il n'est plus l'heure d'être ici sous la tutelle aliénante d'un miroir déformant.
Puisque on se lasse de son ombre quand le soleil brille trop fort, autant briller à petit feu.

Balder

Photo: Pont à Barcelone
2008_0102noelbarcelone0193

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19 janvier 2009

LA MER par BUFFON

drivtik Drivtik ISLANDE

La première chose qui se présente, c'est l'immense quantité d'eau qui couvre la plus grande partie du globe: ces eaux occupent toujours les parties les plus basses; elles sont aussi toujours de niveau, et elles tendent perpétuellement à l'équilibre et au repos. Cependant, nous les voyons agitées par une forte puissance qui, s'opposant à la tranquillité de cet élément, lui imprime un mouvement périodique et réglé, soulève et abaisse alternativement les flots et fait un balancement de la masse totale des mers. Nous savon que ce mouvement est de tous les temps et qu'il durera autant que la lune et le soleil qui en sont les causes.
Considérant ensuite le fond de la mer, nous y remarquons autant d'inégalités que sur la surface de la terre; nous y trouvons des hauteurs, des vallées, des plaines, des profondeurs, des rochers, des terrains de toute espèce; nous voyons que toutes les îles ne sont que les sommets des vastes montagnes dont le pied et les racines sont couverts de l'élément liquide; nous y trouvons d'autres sommets de montagnes qui sont presque à fleur d'eau; nous y remarquons des courants rapides qui semblent se soustraire au mouvement général: on les voit se porter constamment dans la même direction, quelquefois rétrograder et ne jamais excéder leurs limites, qui paraissent aussi variables que celles qui bornent les fleuves de la terre.
Là sont ces contrées orageuses ou les vents en fureur précipitent la tempête, ou la mer et le ciel également agités, se choquent et se confondent: ici sont des mouvements intestins, des bouillonnements, des trombes, et des agitations extraordinaires causées par des volcans dont la bouche submergée vomit le feu du sein des ondes et pousse jusqu'aux nues une épaisse vapeur mêlée d'eau, de souffre et de bitume. Plus loin je vois ces gouffres dont on n'ose approcher, qui semblent attirer les vaisseaux pour les engloutir; au-delà, j'aperçois ces vastes plaines toujours calmes et tranquilles, mais tout aussi dangereuse, ou les vents n'ont jamais exercé leur empire, ou l'art du nautonier devient inutile, ou il faut rester ou périr.
Enfin, portant les yeux jusqu'aux extrémités du globe, je vois ces glaces énormes qui se détachent des continents, des pôles et viennent, comme des montagnes flottantes, voyager et se fondre jusque dans des régions tempérées. 

                                 BUFFON         
                                 Extrait de Époques de la nature

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14 janvier 2009

To blog or not to blog

Pour créer un nouveau nuage de tags, rendez-vous à la rubrique apparence.

Je trouve cette phrase magique ce matin.
Ce n'est pas la première fois que je la lis, mais c'est la première fois qu'elle est magique.
D'habitude elle se tient tranquille dans la fenêtre d'accueil de canalblog , celle par laquelle le blogueur entre dans cette annexe. Qui est celle de sa maison ou de sa tête.
Je la regarde, elle me regarde et nous en restons là. Froideur et distance de l'incompréhension.
Mais aujourd'hui ou je ne pensais pas "lâcher un billet".
Majuscule étreinte. Peuplades réflexives, réminiscences imagées.
Je me souviens en premier de la pochette de ce disque The cloud making machine.
Les cheminées du grand incinérateur à Vitry et les nuages s'échappant de la pochette.Regarder le clavier comme une machine à fabriquer la pluie et le beau temps. Le clavier c'est le sol et les doigts lui tombent dessus comme des gouttes.
Le "Je" ruisselle d'un vieil inventaire déglutissant de mots dans le ciel de janvier.
L'oiseau sur la place se regarde le nombril avant d'effacer son nid de la toile du monde et de chercher un autre endroit pour attendre un printemps plus érotique. L'enfant regarde le ciel et le nuage vient rencontrer le bout des ailes de la ville.
Elle qui s'est posée au bord du fleuve dans un souci évident de fécondité.
L'oeil se dirige vers la porte, il est le point g de la focalisation.
Quelques métros plus loin.
Brasse coulée synthétique dans les embruns tiédasses du dioxyde de carbone. Rotonde ancienne de l'autobus, parvis glacé des frais de bouche et divagations abstraites sur les bienfaits du goudron brûlant pour cracher dans la soupe républicaine. Mais tout ça n'est qu'un rêve, assis depuis ce bureau à 800km de la scène. Donc le rêve vit, il invente son lieu. Derrière le rideau lui aussi sait se sauver des apparences.
Et sauf absorption de saloperies, de substances assermentées ou non le rêve reste bio quoi qu'il arrive donc pas encore de Grenelle pour lui, il est encore en sursis d'institutionnalisation, il a eu chaud celui-là, dans les  hauts fourneaux à refonder la constitution ils n'ont pas encore trouver de tiroir ou l'enfermer.
Un rebelle pareil, pensez-donc!
Avec ses perversions imaginaires, ses artifices décadents, ses subterfuges subversifs, ses échappées belles dans des métaphores ingouvernables donc dangereuses. Bientôt une section ministérielle pour en contrôler l'inconsciente moelle, un cabinet de lutte contre la délinquance onirique et des vaccins anti-imagination.
Alors rendez-vous à la rubrique apparence pour faire en sorte qu'il ne soit pas trop tard pour fabriquer du monde.
Mais je reviens vers cette absence, je me souviens d'un mur du son.
Dehors est là avec tous ses encombrements. J'essuie le carreau du bus.
Sur les quais, les oiseaux prient dans leurs cages.
Vivre la passerelle des arts, un matin de janvier sous un soleil qui vous découpe en ombre longue dans une Seine à reculons, c'est marcher sur l'eau entre deux arts.
Ornière liquide qui sépare les mots, des tableaux.
Tu te souviens 89/93 et le tapis roulant des anomalies, la complexité drue d'une étude de Delacroix saisie dans l'intemporalité d'une révolte ou nous cueillions des lanternes. Refuge secret d'une lune insurgée à la robe tendue sur un drapeau rouge sang.
L'oreille figée recense les anciens mots, ceux que l'on osent encore dire, mais ils s'effacent souvent dans les académismes conventionnels ou ces "textos" qui nous empressent de communiquer puisque l'on ne s'entend déjà presque plus, et je me demande ce que je vais pouvoir mettre dans mon nuage de tags pour sauver les apparences d'un prétexte hors-la-loi, puisque hors du temps. Mais... méfions-nous des apparences.

Balder

09 janvier 2009

Rencontre avec le noir

Comprendre la peinture lorsque celle-ci n'existe pas.
Commenter la peinture comme si elle n'avait jamais existé, même si elle fut mille fois écrite et décryptée.
A Montpellier déjà il avait fait noir cet après midi la. Il avait fait très noir d'un coup.
Un écran en forme de manège, tourbillon projeté en stries horizontales et choc visuel, incidences picturales et paradoxales de la lumière du noir.

Sur la banquette en soufflets l'homme est un feu éteint qui se consume dans la grande salle. Le vertige est tendu en travers de sa route comme un parchemin à découvrir, un palimpseste corporel opaque à dépouiller de sa propre hydropisie.
L'homme est chapeau circonflexe. Suspect idéal sous les yeux remuant du veilleur des toiles.
L'homme à disparu au fin fond rugissant de charbon de ce polyptyque, lancé comme une carpe à la poursuite d'un improbable sémaphore. Il ne tient maintenant au rebord de la salle que par sa mâchoire prise dans le hale-croc d'une peinture sans nom.
Qu'en est-il des usages?
De la station debout?
S'envisager... se relever de la substance, de l'emprise indiscutable de ce noir, sur et sous les yeux.
Foutaise induplicative d'une injonction jadis humaine qui perd ici son sens dans le glacis des sanglots intérieur.
L'homme suffoque, s'asphyxie un peu, il indique la peur, il indique la fusion, l'attrait sismique et tremblotant de la main qui se glisse sous la cuisse pour ne plus chercher ce qui ne viendra pas.
La matière l'invite, la matière arrive à le séduire peu à peu.
Reste encore l'homme! Reste un peu délavé, à tenter de résoudre le choc insaisissable qui vient de t'allonger. 
KO debout sous la brosse d'un peintre jusque là inconnu à tes yeux, tu sais qu'il te faudra assimiler la sentence de la toile, celle qui t'absorbe.
Mais n'oublie pas que c'est toi le récepteur, c'est toi qui lui ouvre les vannes de la béatitude.
Si tu le voulais elle ne serait qu'un mur, un simple et triste mur. Alors pourquoi l'homme, pourquoi?
S'affubler ici d'un fardeau sensoriel n'est pas un cinéma sans conséquences.
Il faut reluquer puisque ça brille en l'intérieur, quitter son costume de Niobé en disgrâce et rejoindre un peu le temple des créateurs. Il faut en décrire la géographie, en apparence uniforme.
La contrefaçon n'engendre pas la métaphysique, si la question se fait c'est qu'elle est sortie de l'authentique, c'est qu'elle vient du message, et le message n'est pas une réponse en soit mais la source d'un questionnement, authentique lui aussi et donc essentiel.
Ici peut être s'associent toutes les peintures, ici peut-être s'inventent toutes les couleurs.
L'homme se laisse décrocher de son hilum et voit là la magie blanche du noir, comme la source de toutes lumières. Lentement il se lève, s'approche du tableau, quelque chose se tait, autre chose se fait, une ombre glisse entre lui et la toile et le prend dans ses bras, la rencontre s'est fait, la rencontre à eu lieu, mais l'endroit reste à définir. Soulages est la rencontre, noir est l'endroit et l'homme court vers une lune sans principes, diadème permanent qui ne vaudrait plus rien si la nuit n'était pas son  écrin.

  Soulages_devant_le_polyptique
  Le maître devant le polyptique

  Celui-ci, ce bout de texte est fait des notes et des fragments qui sont nés d'une rencontre en juin 2006 avec un grand polyptique de Pierre Soulages. Je ne peux laissé ici l'intégralité de ces fragments qui sont en train de devenir...de devenir.
Bref il en existe maintenant trop et tous sont en chantier, et vous tous qui passez par là vous savez bien ce que c'est "les chantiers de l'écriture".

Balder

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07 janvier 2009

Conversation avec Joey

Traverser le grand salon, traverser le hall et laisser les ustensiles dans la pièce bleu.
Là se tient la femme au piano, elle regarde le clavier et semble attendre qu'il se mette à jouer seul, une sonate. Passer discrètement pour ne pas la réveiller, elle est une amie aussi mais elle ne parle pas souvent. Se glisser en silence pour ne pas réveiller l'hôtel, ce soir encore l'hôtel est endormi. La sonate est attendue par elle depuis des années, elle la femme en robe noire avec son rouge sang aux lèvres, mais la sonate ne viendra pas ce soir non plus.
Prendre la clef dans le tiroir de la desserte près du bar, ouvrir le frigo des limonades. Une ou deux bouteilles suffiront.
Reposer la clef. Être à l'affût du bruit de ceux qui peuvent se lever.
Mais personne n'entend? tous dorment déjà, c'est l'hiver.
Il fait dormir tôt l'hiver.
Ramper dans le couloir sous les caméras de surveillance pour ne pas se faire enregistrer.
Rejoindre l'élévateur, le vieux, celui qui grince, qui fiche la trouille pendant l'ascension vers l'étage désaffecté.
Se glisser dans la boite comme un cageot de salades en prenant soin de ne pas laisser dépasser ses feuilles pour ne pas coincer la machinerie.
Appuyer sur le bouton sans numéro et attendre que le noir se fasse.
36 secondes plus tard et un petit blocage, rituel palpitant entre le deuxième et le troisième étage.
Les portes faut les forcer en haut pour qu'elles s'ouvrent.
Il est déjà là. Il est toujours là à attendre dans le grand fauteuil, il attend toujours sa limonade dans le grand fauteuil.
Pendant des années personne ne lui avait plus rien apporté, il était couvert de toiles d'araignées, de couches de poussières, de crottes de souris.
Mais depuis un an il n'était plus seul à survivre dans les fissures de l'hôtel pendant l'hiver.
Il pouvait enfin boire sa limonade avec le jeune apprenti.
Celui-ci l'avait découvert et il pouvait passer des heures la nuit à discuter avec lui.
Celui-ci n'était pas fait du même bois que les autres, celui-ci n'était pas complètement enfermé dans un seul monde, c'est pour ça qu'il l'avait repéré, qu'il était venu un soir dans cet étage se cacher pour oublier les brûlures, les coups et les brimades.
Et lorsque depuis son éternité il avait tendu la main pour se défaire de ses toiles d'araignées, de ses années de transparences, il n'avait pas fait peur au gamin.
Le gamin lui avait juste dit, "bonjour, vous devez avoir soif".

Balder

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05 janvier 2009

BALTIQUE

plage_islande_Drivtik_bout_de_bateau

Le bateau est venu mourir,
le bateau n'a plus de repaires,
l'œil froid dans sa paupière de rouille
regarde encore les vagues,
distribuant,
l'horizon.

Mais il n'est plus ce fidèle espoir.

L'horizon s'est couché
dans les eaux trop salées.
Fleurs du sable noir
dans la main du vent,
pleurent sur nos murs jaunes
ou sèchent,
les harengs.

Balder
Plage de Drivtik Islande

04 janvier 2009

C'est toujours plus clair le dimanche

130006_paris_l_aquarium_et_le_chien_rue_pirandello
Rue Pirandello, tout va bien.
Est-ce là les personnages toujours en quête de cet auteur? Je ne sais pas.
Je ne vois que la dame et les poissons qui veillent par leur invraisemblance à mélanger le décor.
Le chien lui il les cherche, les poissons.
Il se demande par ou arrive l'eau et la dame hésite encore à franchir la ligne bleue, ce qui est compréhensible à son âge.
Non je fais fausse route, je crois que c'est son aquarium qui est rangé dans cette rue, le chien n'est qu'une peluche qui cherche des truffes urbanisées dans cette salade. Il va lever la tête et dire qu'il n'y a rien ici, la dame prendra l'aquarium pour s'en faire un chapeau. Elle deviendra la dame au petit chien d'un Tchekhov décalé sur ce trottoir de la rue Pirandello et ils s'en iront vers le métro Campo-Formio pour y quérir de l'eau avant de revenir jusqu'à la rue Pirandello.
C'est beaucoup de O qui flottent dans les mots et de mots qui flottent sur les eaux
Dans cette rue le O c'est l'Oxygène, celui de l'école nationale de chimie et de physique je crois, puisque les deux font la paire depuis le collège je ne vois pas pourquoi la nation s'en priverait.
Voila ma réponse est ici. C'est une expérience en cours, la dame et le chien sont en fait des poissons qui attendent de redevenir poissons, pour cela il ne faut surtout pas dépasser la ligne bleue, sinon impossible de rejoindre l'aquarium.
Leur vie deviendrait alors une errance infinie entre la place d'Italie et l'école de chimie. Et dans le quartier c'est pas vraiment la fête, pour une dame et un petit chien.
Le chien cherche l'interrupteur pour appeler l'ascenseur liquide et le photographe à appuyé sur le déclencheur au bon moment. Cinq secondes plus tard et c'était cinq poissons dans le bocal.

Ubu s'est endormi sur les bords de la Seine, des silures fluorescents ont parcourus ses rêves de dégazages incandescents au large d'Ivry, les quais de son sommeil se sont couverts de mousse carnivore qui à lentement dévorée les trottoirs et les restes des passants.
Nous, assis dans la bouche de cet égout nucléaire, attendions que le rêve s'achève. En soufflant des flammes sur nos anciennes maisons nous regardions fleurir les aquariums sur nos têtes et il pleuvait ce jour là, ah! ah!

La photo est de Gérard Laurent je m'excuse déjà auprès de lui d'écrire sans filet autour de ses images, mais c'est parce que j'aime bien ses images.

Posté par Balderine à 17:26 - ECRIRE - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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03 janvier 2009

absurdus jacta est

Des plumes et du goudrons sur les autres terrasses. Chacun est là ce soir assis à la table de l'autre vie; Pleurs cris, rythmes encrassés de poumons, de vertèbres déplacés, de dentiers ornementaux ruisselant de nicotine alors les suburbains répondent aux surhumains dans un désordre blasphématoire.
Regardez les œillets qui brûlent dans la cheminée, d'ici on les voient bien qui se dérobent, ils sont ternis maintenant, ils font les ombres. Une décadence nouvelle est enregistrée dans le grand programmateur. Tant pis pour les réticents, les tendus de l'apocalypse, les farfadets sont à l'abri, les réserves sont pleines de mandragores et tous se jettent dans le nouveau regard de la nouvelle année. Il était resté en dehors de ça depuis les dernières avalanches, il était presque debout, remis à niveau et tout à coup la manivelle, soudain le ressort qui se dit prêt à mordre.
A mordre une bougie, à exhiber chacun sa route, son pavillon de complaisance.
Pan! pan! et plouf dans l'Eure monte dans le train trois contrôleurs que l'on dit muette les mènent ailleurs sans queue ni tête balle en plein cœur.
(Non mais voila trois semaines de méthode et après c'est le bordel total on dirait la démocratie à la française, bon  pas grave c'est fait pour ça ici alors je poursuis la chanson de l'automate névropathe.)
Mais quoi la chanson?
Le bonsaï oui! Il est velu le principe avec ses élucubrations mais qui à pris le gouvernail à la dernière lune?
Nous l'avions pourtant bien rangé entre les hospices de la crucifixion et l'esplanade des trépanés. Donc il doit en rester des traces, des odeurs.
Ah le voici! Ouh!!! Mais je vois venir vous avec vos signifiants, vos signifiés, vos analogismes grammaticaux et vos syntaxes exigeantes...ce n'est plus l'heure de se répandre mais plutôt l'heure de se détendre, de lâcher un peu la plume pour ne pas finir en goudron.

Posté par Balderine à 20:33 - ECRIRE - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Mot à mot

  Ouvrir le monde.
  L'autre te dit "d'ouvrir un livre" de l'autre monde, ouvrir un livre comme le monde des autres mondes.
  Des frontières abolies et poussiéreuses réduites par les pages à des fenêtres d'où le corps sort en contrejour.
-C'est pas facile de s'évader?
-C'est pas facile de s'éveiller? librairie_somail
-Qui t'as dit ça? Hein?
  Ouvre la page du monde. Celle-ci par exemple la 456 ou la 678. Bornes kilométriques vers l'autre monde, celui qui reste à lire, celui qui reste à écrire.
  Penché là-haut sur sa mezzanine continent, le précepteur t'interroge sans relâche.
  Après tu sais ou tu ne sais pas ce n'est pas ce qui compte le plus peut-être.
  La Question tu la gardes, tu la tiens bien c'est le guidon sur ta route. Canal bleu sur l'échelle de Jacobson, le récepteur est à l'affût, aux aguets en bas des marches il attend que surgissent les contrebandiers des connaissances profanes ou sacrées, expurgées ou enrichies des dernières trouvailles, des derniers manuscrits c'est toujours gain de changer un  mauvais état à un état incertain*.

Balder


*Montaigne Les essais

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