Le salon de Balder

13 décembre 2011

Tour

kennedy-tower-eindhoven-7

 

Heures abstraites d'avant l'hiver, là où s'interpose le vide unique, offrant aux lignes leurs ambitions d'abscences.               Verticales, élevées là en hommage à la rupture, à l'effondrement du tracé plat. Étage décoché du squelette, de l'horizon et sa sentence géométrique, survolant la ville, transparent, liquide et fugace, goutte d'eau, amulette.                                                   Des sous sols encerclés vers les étages nuages, l'ascenseur s'obstine, se fraye un chemin. 

 

Balder

 

 

 

 

 

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02 novembre 2011

Phénomène

4344674 Photo de Mr Becker

 

Entre deux tours,
la main déguise,
la date et l'heure,
au faîte d'un soir
octogonal,
l'allié en leurre
cinématique,
se tient en os
sur le ponton ,
d'une proue réanimée
à la fronde sulfureuse,
au bruyant corsage,
à la texture épaisse,
d'une faim affirmative,
noyée nue par la promesse
d'un glaive de foudre,
dans un ciel d'élixir.

A l'étrave du monde,
s'empile en segments,
les échelons givrés,
des premiers brise glace,
des nomades sans lune,
une guirlande humaine,
halant une banquise,
d'un continent à un autre,
sans éclats d'âmes
ni concertation,
sous les ciels défendus,
des nuées boréales.

Balder

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16 octobre 2011

Carré

pave-rue-dessin-abstraitDanse au pieds nus d'une femme automnale, quartier Vincennes, porte et châteaux, sirop de menthe et eau gazeuse, désinfectant de circonstance. Un bar tabac, trois carré plus loin, le peuple en vie soutient la rue, ce n'est pas elle qui s'éloigne d'un pas altéré par la concurrence. Perdue de vue depuis vingt ans, au pied de la citadelle, elle réapparaît aujourd'hui en octobre mouillé d'une année équivoque, sans trop de différences avec, avant. Elle entre crispé, craintive dans la tour, l'ancienne geôle, les épaules s'agenouillent sous un épais manteau abricot vert, s'enclenche l'impossible poursuite dans les douves exagérées des souvenirs. Ne rien faire, attendre qu'elle ressorte, chercher à l'appeler lui pendant ce temps, dire l'objet de la visite, la persécution des regrets dans l'abat jour du bas ventre, s'aligner convaincu sur le banc de cet abri bus et attendre la naissance probable de l'hiver. Ici il reste des pavés carrés dans la salle des fêtes de la rue, aux angles mous des feuilles mortes, près de la remise nébuleuse où s'entassent les ossements des victimes des chats.  N'est ce pas cet œil, quitter plus haut dans cette rue plate, du vieux Nogent qui mélange aux détriments du réel, les attraits obsédants de l'abstaction. Chercher une cabine à pièces, celle d'avant n'existe plus, entrer dans le gris de ce café, poindre son silence près du comptoir efficace, pour s'accouder un peu aux précipices des envies troublantes, laisser passer la barque au fond parcheminée par le regard lourdaud des eaux stagnantes aux panoplies d'oranges amères, dissoudre l'espace dans la dégustation silencieuse, l'olombre dorée d'un vieux whisky.

 

Balder

 

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06 octobre 2011

EVOL

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La fabrique de la ville dans la ville. Evol nous embarque, dans une Allemagne de tours, de barre d'immeubles aux façades post-soviétique découpées dans des pochoirs superposés sur des débris urbains inanimés, boîtiers électriques, pan de béton, bouts de tôles abandonnées, lieux erronés dans dans des espaces corrosifs où tout le monde passe, mais où personne ne va. Métamorphose des surfaces, très souvent du carton, découpages géométrique, cadenassé par l'austérité d'une urbanité aux apparences désolantes mais dotée de fenêtres derrière lesquelles s'invite la vie, en transparence et ombres portées. Architecture hermétique en constante mutation Evol ira jusqu'a créer une ville transportable de 80 mètres carrés, exposée d'Amsterdam à Miami, offrant ainsi la possibilité aux visiteurs d'entrer de plein pied dans la structure, de devenir les résidents de l'oeuvre, d'être happé par la densité obsédante et un peu obscure de ces rues rectilignes, vestiges de ces quartiers de l'ex RDA restituant une atmosphère tendue, épaisse, où chaque respiration est estompée, presque tue, de peur d'être interprétée de manière équivoque par l'oeil déshumanisé de l'ancienne Stasi. Visiteur, voyeur... la vue d'en haut est infalsifiable, conglomérat des ruines d'une ancienne centrale électrique réorganisé en quartier vertical, alignement périphérique d'un terrain vague avec pour toile de fond la ville réelle repoussant les limites, d'un horizon décharné par une perspective lancinante et éteinte, le pied avance entre les barres, le corps rase les façades, un oeil épie et l'autre guette pour ne pas être vu. Chacun y glisse à sa manière, regards, silence, interrogations. 

 

Balder

 

 

Travaux en images ici, 

http://www.flickr.com/groups/937521@N23/

Le site officiel d'Evol est en lien sur la page d'accueil de ce blog

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05 octobre 2011

Recycler

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 Heure tranquille, les troupeaux longent les murs dans l'encablure des abats jours.                                                                      A quelques pas de là, causent des messieurs, des témoins d'ordalie, attendant au long cours qu'une main explosive vienne rendre raison à l'un où l'autre des sulfureux amants.                                                                                                                    Passage étriqué du porche des Abbesses, l'un comme l'autre, sous ce silo rouillé par d'autres fusillades, devient le muet de cette parodie.                                                                                                                                                                              L'un deux n'atteindra pas les remblais de la vieille ceinture, aujourd'hui ensevelie sous des barres remparts.                                    Faire feu de tous corps prononcés, déjà mis en demeure, attendant ajourné que le drogman en marche revienne joué de la flûte dans les échelles du Levant. Au premier giratoire, flanquée d'effervescence, une jeune agitée décolore son feuillage partiellement efféminée d'une noirceur diluvienne, aux opercules traversés de ferrailles désenchantées. Clous, broches, os de singe entravant les mouvements, tout se ce qu'il faut aux étoiles en sous régime pour avoir l'air de s'éteindre au delà des limites.                          La rue, tapisserie,  visages déroulés dans l'objectif, croque, mâche, attrape l'envolée, des rideaux, l' innépuisable théâtre.                                                                                                                                                                                                    

Balder 

                                                                                                                                        

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